2012, apocalypse et fin de l’histoire

Si je devais choisir un philosophe, je choisirais Kojève. Il n’était pas philosophe justement, mais lecteur de Hegel, entre autres, et conseiller du prince. Son « Introduction à la lecture de Hegel  » est un chef d’oeuvre, rédigé par Queneau à partir du cours qu’il donnait.

Les récents films apocalyptiques récents remettent un peu à l’ordre du jour le concept de « fin de l’histoire », introduit par Hegel et commenté par Kojève, Weil, Fukuyama et Derrida.

En effet, et c’est assez récent, l’écologie est au coeur de nos préoccupations depuis peu, en tout cas depuis que nous ne connaissons plus de guerre. C’est assez étonnant d’ailleurs de constater que lorsque nous ne sommes plus en guerre, contrairement à la Chine, les USA et la Russie, il semble naturel de nous voir comme nos propres ennemies, capables de détruire la terre à coup de pets de vache, de non triage du carton et tutti quanti.

D’où le côté toujours un peu militaire des écologistes, un peu totalitaire. Pour des anciens pacifistes/Hippies, c’est toujours amusant.

Bref. Les images spectaculaires des films tels que 2012 ou « le jour d’après » par exemple démontrent le danger, mais donnent aussi un sens tout à fait nouveau à la « Fin de l’Histoire », vue comme fin de l’homme.

Ce n’est évidemment pas la fin de l’histoire vue par Hegel, mais plus celle vue par Fukuyama, grand penseur des faucons américains, qui se sont relayés à donner à Bush un semblant de cerveaux, tant que faire se peut.

Fukuyama voyait néanmoins la fin de l’histoire au moment de la chute du Mur de Berlin, comme le triomphe de la démocratie libérale, justifiant aussi les coups de pouce qu’il faut lui donner pour l’instaurer chez ceux qui n’y sont pas encore (Irak, Corée, etc…) Et il voyait aussi la fin de l’homme, un peu comme « I Robot », lorsque la technologie nous aura mangé.

Je n’arrive pas à nommer le penseur qui se cache derrière le concept de fin de l’histoire comme conséquence écologique, version 2012. Ce n’est sans doute pas Noël Mamère. Mais je constate avec amertume que l’on s’éloigne toujours un peu plus de ce concept de fin de l’histoire, bien trop compliqué à comprendre visiblement.

Un jour, il faudra tout de même faire un petit effort pour être un peu moins con.

On peut commencer en lisant la fameuse note de la seconde édition, page 437 de « Introduction à la lecture de Hegel » de Kojève,  dont voici un extrait :

« Or vu qu’aucun animal ne peut être snob, toute période post-historique « japonisée  » serait spécifiquement humaine. Il n’y aurait donc pas d' » anéantissement définitif de l’Homme proprement dit « , tant qu’il y aurait des animaux de l’espèce Homo sapiens pouvant servir de support  » naturel  » à ce qu’il y a d’humain chez les hommes. Mais, comme je le disais dans la Note ci-dessus, un  » animal qui est en accord avec la Nature ou l’Être-donné  » est un être vivant qui n’a rien d’humain. Pour rester humain, l’Homme doit rester un  » Sujet opposé à l’Objet « , même si disparaissent  » l’Action négatrice du donné et l’Erreur ». Ce qui veut dire que tout en parlant désormais d’une façon adéquate de tout ce qui lui est donné, l’Homme post-historique doit continuer à détacher les  » formes  » de leurs  » contenus « , en le faisant non plus pour trans-former activement ces derniers, mais afin de s’opposer soi-même comme une  » forme  » pure à lui-même et aux autres, pris en tant que n’importe quels « contenus  » « 

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